Que propose le Pr. Antonio Marcellino pour améliorer les critères de diagnostic de la fibromyalgie ?
Lors d’un colloque sur la fibromyalgie à Nogent Sur Marne en 2018, le Pr Antonio Marcellino a donné une conférence dédiée aux nouveaux aspects du diagnostic de la fibromyalgie.
Des critères diagnostiques repensés
Le Pr Marcellino rappelle que les anciens critères (basés sur la présence de 11 points sensibles sur 18) étaient trop restrictifs et ne prenaient pas en compte la globalité des symptômes.
Les nouveaux critères, établis par l’American College of Rheumatology, s’appuient sur une approche plus complète :
- douleur généralisée depuis plus de trois mois,
- évaluation de la sévérité des symptômes (douleur, fatigue, sommeil, cognition),
- exclusion d’autres maladies pouvant expliquer les douleurs.
« La fibromyalgie n’est pas une pathologie localisée, mais une perturbation de la régulation de la douleur dans le système nerveux central », souligne le Pr Marcellino.
Le rôle des questionnaires et des bilans complémentaires
Pour confirmer le diagnostic, le Pr Marcellino préconise l’utilisation d’outils d’évaluation standardisés : un questionnaires de sévérité, échelles de douleur et tests d’impact sur la qualité de vie (comme le SF-36).
Ces outils permettent d’objectiver la souffrance et de suivre l’évolution du patient dans le temps.
Avant de conclure au diagnostic, un bilan minimal (prise de sang, bilan thyroïdien, éventuellement imagerie) est recommandé pour éliminer d’autres causes organiques.
La sensibilisation centrale : clé de compréhension
Selon le Pr Marcellino, les recherches récentes confirment que la fibromyalgie repose sur un phénomène de sensibilisation centrale. En effet, les mécanismes d’inhibition de la douleur ne fonctionnent plus correctement, entraînant une amplification des signaux douloureux.
En sommes, cette dérégulation cérébrale expliquerait la coexistence de symptômes multiples :
- douleurs diffuses,
- hypersensibilité au bruit, à la lumière, aux odeurs,
- troubles digestifs,
- perturbations du sommeil et de la concentration.
« Il ne s’agit pas d’une maladie psychosomatique », insiste le Pr Marcellino, « mais d’un trouble neurophysiologique réel et mesurable. »
Le diagnostic comme première étape du traitement
Un diagnostic posé avec rigueur et empathie permet au patient de mettre un nom sur sa douleur et d’accéder à une prise en charge adaptée.
Le Pr Marcellino encourage les médecins à écouter activement et à accompagner les patients dans un parcours personnalisé, associant :
- éducation thérapeutique
- activité physique douce et progressive,
- approches non médicamenteuses (relaxation, thérapie cognitive, méditation, kinésithérapie).
Vers une meilleure reconnaissance de la maladie
La conférence du Pr Antonio Marcellino souligne combien la reconnaissance médicale de la fibromyalgie progresse.
Grâce à une meilleure compréhension des mécanismes de la douleur et à l’évolution des critères diagnostiques, les patients peuvent désormais bénéficier d’un suivi plus cohérent et plus humain.
« Nommer la douleur, c’est déjà commencer à la traiter », conclut le Pr Marcellino.
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