Dans une l’émission « Parlons santé » sur TL7 tournée en 2020, Cathy Aubert, de l’association FibromyalgieSOS, a livré une explication simple et parlante de la douleur fibromyalgique et du rôle central des médecins internistes.
Une douleur qui s’emballe
«Chez une personne fibromyalgique, la douleur monte, redescend, remonte encore… la personne fait aïe, aïe, aïe en continu.»
C’est ainsi que Cathy Aubert, représentante de FibromyalgieSOS, décrit la réalité quotidienne des malades.
Une image simple, mais incroyablement juste, pour comprendre ce que les études scientifiques appellent l’hypersensibilisation du système nerveux central.
Là où une personne non fibromyalgique perçoit une douleur puis la “laisse redescendre”, le cerveau d’une personne fibromyalgique continue d’amplifier le signal.
Le système nerveux autonome, chargé de réguler la douleur, la température ou le sommeil, s’emballe. Résultat : une douleur persistante, sans lésion visible, souvent mal comprise du corps médical et de l’entourage.
Un diagnostic long et complexe
Trouver enfin un nom à ce que l’on vit peut prendre des années.
Cathy Aubert rappelle que “le délai moyen pour poser un diagnostic est encore de sept ans”.
Ce n’est pas parce que la fibromyalgie est rare, mais parce que ses symptômes recoupent ceux de nombreuses autres maladies chroniques :
- sclérose en plaques
- spondylarthrite ankylosante
- polyarthrite rhumatoïde
- lupus
- syndromes auto-immuns
C’est ce qu’on appelle un diagnostic d’élimination : on écarte d’abord les maladies graves ou inflammatoires avant de conclure à une fibromyalgie.
Cette étape, bien que nécessaire, alimente souvent l’errance médicale des patients.
Pourquoi consulter un médecin interniste change tout
Dans ce parcours semé d’incertitudes, les services de médecine interne jouent un rôle souvent méconnu mais crucial.
Contrairement à une spécialité ciblée (rhumatologie, neurologie, etc.), l’interniste observe le corps dans sa globalité.
Il croise les approches, recherche les interactions entre systèmes, et ne s’arrête pas à un seul organe ou symptôme.
«Un médecin interniste ne s’arrête pas à une spécialité. Il s’intéresse à l’ensemble : rhumatologie, neurologie, maladies auto-immunes… c’est essentiel pour comprendre la fibromyalgie», souligne Cathy Aubert.
C’est aussi l’un des rares services hospitaliers où le patient est entendu dans la complexité de ses symptômes : douleurs, troubles digestifs, fatigue extrême, sommeil non réparateur, brouillard cognitif…
Cette approche globale permet souvent de poser un diagnostic plus juste et d’orienter vers une prise en charge pluridisciplinaire (kiné, sophrologie, thérapie cognitive, relaxation, etc.).
Redonner sens à la douleur
L’image du “aïe, aïe, aïe” n’est pas qu’une métaphore : elle rappelle que la douleur est un message mal régulé, pas imaginaire.
La reconnaître, c’est déjà un pas vers la guérison psychologique et la réhabilitation médicale.
C’est aussi un appel à mieux former les professionnels de santé et à encourager les patients à se tourner vers les bons interlocuteurs, comme les internistes ou les structures spécialisées dans la douleur.
Replays des réunions adhérents






